
Fallen La lucidité est un vaccin contre la vie |
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| Auteur | Message |
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Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Courses tardives Lun 26 Sep - 19:09 | |
| "Je vous le fais à cinq cent." "Combien?! Mais c'est un simple vernis, vous..." "Cinq cent ou rien. Décidez-vous, je vais fermer." Ezel soupira et porta la main à son portefeuille. Il était mauvais en affaires, mais pas assez pour ne pas avoir conscience qu'il se faisait arnaquer. Néanmoins, il avait absolument besoin de ce vernis ce soir, il n'avait pas couru à travers la moitié de Leidenstal pour rien: l'oeuvre qu'il avait en préparation de vernissage à l'atelier devait être présentée le lendemain même, et cet abrutit de stagiaire avait oublié de vérifier les stocks."Merci, m'sieur Verian! Bonne nuit!" Ezel rempocha le flacon et son portefeuille singulièrement allégé avant de sortir du magasin sans dire au revoir à l'homme, ce qui représentait une des plus graves marques de mécontentement que le jeune homme était capable d'assumer.*Et l'Hinra qui a encore resserré le budget des restaurations cette année... mais comment je vais faire, moi?!* Minuit approchait et la galerie marchande se vidait peu à peu. Les lumières clignotantes des échoppes commençaient à s'éteindre et les commerçants rabattaient les rideaux de fer de leurs vitrines. Seuls certains magasins restaient ouverts, mais ce n'étaient pas le genre d'endroit où Ezel serait allé traîner à une heure pareille...(topic réservé ^^) _________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Lun 26 Sep - 22:50 | |
| Frêle silhouette à l'apparence irréelle, Viviane se promenait dans la galerie, regardant à droite et à gauche les vitrines des différents magasins. Elle était vêtue ce soir d'une longue jupe blanche luxueuse dont la couleur aurait pu rivaliser avec la pâleur de sa peau s'il n'y avait eu en plus des broderies rouges représentant en de fines et magnifiques arabesques des goutelletes de sang, indice de plus quant à sa nature... un corset assorti moulait sa taille si fine et faisait ressortir sa belle poitrine, laissant ses épaules et tout le haut de son dos nu puisqu'il n'avait pas de bretelles. Sa jupe aux nombreux plis venait caresser ses jambes, atteignant le sol malgré ses petits escarpins dont seul le bout était visible moulant son pied fin et lui donnant une très belle forme. ils la rehaussaient de quelques centimètres, mais elle restait toujours assez petite, ne dépassant pas les 1m65. Pourtant cela ne la complexait nullement, et elle avançait dignement, le moindre de ses geste et de ses mouvements respirant la grâce, semblant ne voir aucune des personnes qui l'entouraient et ignorant les regard se posant sur elle, ne sachant donc s'ils étaient admiratifs ou craintifs.
Elle se balladait, pure et innocente, posant son regard bleus et or légèrement transparents sur divers objets, substances et vêtements, mais rien ne l'avait particulièrement intéressée pour l'instant...Elle ne savait pas elle-même ce qu'elle recherchait, étrange créature déambulant dans ces galeries où grouillait normalement une foule insignifiante et grossière sauf à la tombée de la nuit où les derniers commerçants et clients honnêtes partaient et où les truands ou vampires n'étaient pas encore arrivés pour la plupart. Elle paraissait pourtant toujours aussi décalée malgré le peu de personnes présentes, mais ne s'en souciait pas le moins du monde. Au contraire, elle trouvait cela terriblement flatteur d'être différente et cela plaisait grandement à son égo.
Soudain, dans une galerie, son regard fut attiré vers un jeune homme. Il ne ressemblait pas au reste de la population...il avait un air trop...naïf, doux, rêveur...c'était en apparence un beau jeune homme, mais il ressemblait plus à un angelot égaré, tombé du ciel et qui ne trouvait plus le chemin pour y retourner. Encore une fois, Viviane, dont l'imagination était vive et débordante, se représentait un être qu'elle ne connaissait pas du tout juste sur son intuition, sa sensibilité exacerbée...Et elle ne pouvait s'empêcher de se sentir proche de cet être perdu dans un monde de violence et de haine...
Les instants défilaient lentement, et la vampire, sans s'en rendre compte, n'avait pas détourné les yeux depuis qu'elle les avait posé sur Ezel, son regard voilé, songeur, observant avec une douceur et une tristesse infinie le jeune homme, se sentant si proche quelque part de cet être, ou plutôt de l'idée qu'elle s'en était faîte... Elle n'avait pas perdu son innocence, restant quelque part enfant, une jeune fille perdue dans ses rêves et qui ne veut revenir à la réalité, qui refuse de la voir, s'en éloignant toujours plus et toujours avec plus de délice et de ravissement pour errer en un univers qui est sien mais qu'elle ne peut plus partager avec personne... Ce monde atroce lui avait ravi l'être qui lui fut le plus cher, comment ne pas vouloir le fuir d'autant plus?!
Elle était seule...la solitude s'était abbatu sur elle avec une rapidité et une force effrayante, et malgré ses proches, il y avait un vide en son coeur et son âme qu'elle n'avait pour l'instant réussit à combler, malgré les années, le temps s'écoulant et l'épargnant, glissant sur elle sans aucun pouvoir sur son physique. Il lui arrivait même parfois d'en faire abstraction, comme en ce moment où elle n'osait approcher Ezel, se contentant de le contempler...Etait-ce par timidité, par crainte...? Et pourtant ce n'était pas l'envie qui lui manquait, elle désirait le connaître, il avait éveillé sa curiosité, son intérêt, et surtout un sentiment qui l'attirait vers cet être aux yeux d'un vert intense. Beaucoup ne devaient pas faire attention à lui de prime abord, un jeune homme chétif, qui ne paraissait pas particulièrement à l'aise malgré une beauté délicate et un charme auquel Viviane était sensible, ce qui n'arrivait pas si souvent dans ce monde ou même lorsqu'elle vivait encore sur Terre_sauf à Brocéliande et en la demeure des Lusignan_, bien que beaucoup l'aient qualifiée d'hypersensible. Mais il était loin d'être insignifiant pour la vampire, et jusque là sa sensibilitée, non pas du corps mais de l'âme, ne l'avait aucunement trompé ou trahie pour la moindre chose, même si elle ne s'expliquait pas pourquoi elle se sentait poussée vers le jeune homme aux yeux de jade, bien que restant figée, son regard n'ayant pas changé d'expression, ses yeux étranges toujours posés sur Ezel. Elle avait l'impression que le temps défilait vite au dehors et extrêmement lentement en elle, sa notion en étant quelque peu altérée depuis sa transformation... |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Mar 27 Sep - 20:51 | |
| Ezel enfonça la main gauche dans sa poche et la referma sur le flacon de vernis. Il serra la surface lisse et tiède du verre au creux de son poing et ce contact franc le rassura un peu: il aimait de moins en moins les visages qu'il croisait et il avait hâte de sortir des galeries pour retrouver la douce lueur des étoiles, pourtant presque entièrement dissimulée par le halo orangé des lumières de Leidenstal. Mais Ezel avait grandi dans cette ville, et il n'avait jamais connu le ciel nocturne autrement que saturé de rayons lumineux parasites.Il s'apprêtait à s'engager dans une galerie transversale lorsque la sensation d'être observé lui hérissa la nuque. Il regarda autour de lui d'un air inquiet: il n'aimait guère l'idée de se faire sauter dessus par un voleur ou un vampire en mal de sang... Mais ses yeux n'en rencontrèrent pas d'autres, et il reprit son chemin, mal à l'aise.Il n'alla pas bien loin: trois ivrognes émergèrent d'un bar crasseux à quelques mètres devant Ezel, s'interpelant avec ces rires gras et vulgaires typiques des idiots ivres morts. Le jeune conservateur s'arrêta pour faire demi-tour, mais c'était trop tard. Ils l'avaient vu."Salut p'tit... tu t'es perdu, mon mi... mignon?" Re-rires gras. Ezel se mordit la lèvre et fit un pas en arrière.*Pourquoi ce genre de choses n'arrivent-elles qu'à moi?* Les hommes s'approchèrent de lui d'un pas inégal, une étincelle malsaine au fond de leurs prunelles embrumées. Une étincelle qui pouvait fort bien passer pour lubrique. Ezel recula encore, n'osant pas leur tourner le dos pour se mettre à courir. Il se savait rapide, mais lorsqu'il avait peur il était au moins aussi maladroit, et il n'osait imaginer ce qui lui arriverait s'il trébuchait en faisant demi-tour... Une sueur angoissée commençait à perler sur ses tempes lorsque les ivrognes s'arrêtèrent, l'air surpris. Leur attention semblait attirée par quelque chose d'autre que le jeune homme. Ezel voulut mettre ce temps mort à profit et pivota sur ses talons, mais ce fut pour se figer lui aussi. Là, au bout de la galerie pratiquement déserte, à quelques malheureux mètres de lui, se tenait une créature diaphane comme il n'en avait jamais vu en dehors des toiles de son musée. C'était une jeune fille, très jeune, presque une enfant si l'on se basait sur son apparence. Sa peau de nacre et ses cheveux presque blancs la faisait ressembler à une apparition divine, et Ezel n'aurait pas été étonné outre mesure de la voir auréolée d'or. L'inconnue le fixa de ses yeux à la couleur indéfinissable, et le jeune homme se força à déglutir: il ne savait pas comment il était en mesure de le dire, mais c'étaient ces yeux-là qui l'avaient observé quelques instants auparavant.Un homme eut un sifflement obscène dans le dos d'Ezel et le temps qui s'était suspendu redémarra au quart de tour, comme s'il voulait rattraper les secondes perdues. Le jeune homme vit les trois ivrognes reprendre leur avancée. Leurs yeux n'étaient plus aussi éteints, comme si une idée avait germé dans le désert alcoolisé de leurs cerveaux, et cela fit instinctivement peur à Ezel._________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Mer 28 Sep - 10:55 | |
| Un sifflement retentit et la tira de sa contemplation. Son regard se posa sur les ivrognes, les dévisageant lentement, jusqu'à cet instant où ils osèrent avancer. Elle avança dignement bien que d'une démarche rapide, n'ayant pas de mal à se retrouver aux côtés du jeune homme avant que les alcooliques à l'esprit lubrique ne parvienne à leur hauteur, leur démarche vacillante les handicapant. Elle lui prit doucement la main, puis raffermit sa prise avant de lui murmurer de sa voix envoûtante:"Venez, mais ne lâchez surtout pas ma main." Elle l'entraîna alors au pas de course à sa suite dans une galerie perpendiculaire, faisant attention de ne pas aller trop vite pour le jeune homme, les humains ne pouvant suivre le rythme des vampires trop rapides pour eux. Pourtant il n'était pas totalement humain, paraissant avoir du sang hors-la-loi coulant dans ses veines et se traduisant par ces yeux d'un vert intense. Mais leur sécurité n'était pas assurée, il suffisait que les ivrognes, s'ils se lançaient à leur poursuite, dépasse l'angle du mur pour les apercevoir, et ils n'avaient pas parcouru une bien grande distance, Viviane s'étant arrêtés dès qu'ils s'étaient trouvés hors de la vue des épaves ambulantes et ayant relâché la main d'Ezel. Elle reprit la parole mais sur un ton très doux, voulant rassurer le jeune homme après ces évènements."Je suis navrée de vous avoir forcé à me suivre, mais vu la situation j'ai pensé qu'il était inutile d'engager un combat contre trois misérables hères à peine capable de tenir debout, même si ceux-ci ne semblaient pas vous vouloir du bien. Et puis engager un combat au moindre prétexte n'est pas le meilleur moyen pour établir la paix. Enfin je ne sais ce que vous désirez faire à présent, mais je ne vous conseillerais pas de rester ici, les trois manants qui vous cherchaient querelle peuvent facilement nous rattraper. Je serais néanmoins ravie si vous acceptez ma compagnie, quel que soit le lieu où vous vous rendez." Elle le regarda, une lueur d'espoir dans les yeux, désirant qu'il accède à son implicite demande, à savoir l'accompagner dans son périple nocturne. Mais elle savait de toute façon que même si le jeune homme désirait s'éloigner d'elle le plus possible, elle le suivrait sûrement et tenterait d'en apprendre plus à son sujet, bien qu'il ne fût pas celui qu'elle doive suivre. |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Mer 28 Sep - 16:17 | |
| Ezel sentit des doigts fins et puissants se refermer autour de son poignet tandis qu'une voix douce et mélodieuse se glissait dans son oreille. Chaque mot était un chant, chaque souffle une note de musique. Pareil prodige ne pouvait sortir d'une gorge humaine ou Hll, c'était impossible. La ravissante jeune fille n'avait pas d'ailes, et il était difficile de se méprendre sur la froideur surnaturelle de sa main.*Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point les vampires sont nombreux à Leidenstal...* Elle l'entraîna brusquement dans une ruelle qu'il avait à peine remarqué, si vite qu'il aurait certainement trébuché si le miracle de la génétique ne l'avait pas doté de jambes aux réflexes d'Hll. Ezel était tellement stupéfait par la tournure que prenaient les évênements qu'il faillit vraiment tomber lorsque la vampire s'arrêta net. Elle lui parla rapidement, toujours aussi mélodieusement, dans un langage suranné typique de la plupart des immortels. Sa propre voix, qu'Ezel avait pourtant toujours considérée comme plutôt douce, lui fit l'effet d'une horrible cacophonie lorsqu'il répondit."Ecoutez, je... je serais ravi de vous accompagner, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée de se promener dans les parages, ces... individus ne sont sûrement pas les seuls dans leur genre, et nous risquons de..." Il n'avait même pas fini sa phrase qu'elle se concrétisait déjà sous la forme d'un Hll à moitié mort de faim, qui jaillit hors d'une pile de cartons déchirés pour se jeter sur les deux jeunes gens. Cette présence n'avait après tout rien d'exceptionnelle: ils se trouvaient dans une ruelle sombre, à l'écart des galeries principales, avec tous les dangers que cela comporte.
Ezel n'eut pas le temps de comprendre ce que leur agresseur visait exactement: le Hll le frappa à l'estomac (griffes rentrées, heureusement), et l'humain fut projeté en arrière. Sa tête heurta le mur de briques et il cria avant de tomber à genoux, à moitié assomé. Une volée de cloches sonnaient l'angélus dans son crâne et le monde s'était brusquement assombri autour de lui. Il porta une main à l'arrière de sa tête en grimaçant. Ses doigts rencontrèrent quelque chose de poisseux et il devina confusément que c'était du sang. Mais la vampire...*Oh non, j'espère qu'elle n'a rien!* _________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Mer 5 Oct - 21:00 | |
| Décidément, la malchance semblait poursuivre le jeune homme et quelque obscur hasard faisait tourner leur rencontre en une fuite ininterrompue entre les couloirs des galeries sinueuses, mais peut-être moins que l'esprit tortueux de Viviane. Ainsi, pendant que le jeune homme étaot projeté à travers les airs jusque contre mur, la vampire en profita pour se jeter sur l'hll et l'assomer, chose qui aurait pu être fort difficile si les circonstances n'avaient agies en sa faveur. En effet, le hors-la-loi était à moitié mort de faim, donc affaibli, ses sens forts affectés. De plus, il n'était pas en état de riposter, tout à son attaque contre Ezel quand l'Enchanteresse le frappa à la nuque, mettant toute sa force dans le coup. L'intrus vacilla et se retourna, très lentement compte-tenu de sa race et de la situation, ce qui laissa à Viviane le temps de lui asséner un deuxième coup, tout aussi fort que le précédent, qui assoma véritablement son adversaire. Elle se dirigea rapidement vers le gardien du musée, à moitié assomé et l'aida à se relever, le soutenant comme elle pouvait.
La chose était plus difficile qu'il n'y parût, le sang d'Ezel éveillant la soif de Viviane, car malgré son caractère, elle gardait sa nature vampirique. Et ce liquide vermeil, si beau, fascinant, gouttant des cheveux du jeune homme, attirait presque irrésistiblement le regard de la vampire, dont l'envie de goûter à ce flux se faisait plus forte. De plus l'odeur, bien que peu forte puisque qu'il n'y vait pas tant de sang, était suffisante pour ennivrer légèrement la jeune fille. Ainsi, sa voix lorsqu'elle reprit la parole, avait une nuance étrange, n'étant pas dans son état naturel, c'était comme si elle le suppliait de tenir bon pour lui-même et pour elle, ne voulant pas céder à ses instincts "sanguinaires"."Je vous en prie, tenez bon, nous allons sortir d'ici et trouver un endroit calme oùnous serons en sécurité..." Mais quel endroit? A part sa demeure, qui était en fait celle des Lusignan, elle ne voyait pas d'endroit véritablement sûr où ils puissent converser librement et sans interférences. De plus elle avait du mal à réfléchir, le cerveau embrumé, embrouillé par ses sens, et même si le jeune homme n'était pas en bon état, il n'aurait sûrement pas aimé être entraîné sans connaître la destination finale, et c'est pourquoi Viviane lui demanda après l'avoir soutenu jusque dans une gallerie éclairé et fréquentée qui se trouvait non loin du terrain qui avait vu cet éphémère "combat" quelques instants plus tôts:"Désirez-vous aller quelque part? Ou savez-vous où nous pourrions être tranquilles et hors de danger?" La vampire ne prêtait même pas attention aux divers regards que les gens jetaient sur l'étrange duo qu'ils formaient, trop occupée et trop inquiéte concernant le doux jeune homme pour se soucier des badauds, surtout qu'ils ne couraient pas grand risque dans une gallerie autant illuminée et empruntée. Elle était soucieuse et attentionnée, Ezel semblant avoir subi un sacré choc lors de l'attaque de la créature en manque de chair fraîche. |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Ven 7 Oct - 19:54 | |
| Lorsque la vampire l'aida à se relever, Ezel vit la ruelle tanguer autour de lui d'un air menaçant. Mais après quelques secondes, sa vue se stabilisa et son sens de l'équilibre sembla retrouver les bases qu'il avait perdues. Les doigts de la créature se resserrèrent légèrement sur son bras, et lorsqu'Ezel tourna la tête, il rencontra un regard brillant qui le fit frissoner d'autant plus qu'il était fixé sur sa gorge.*Non, pas ma gorge... sur ma plaie, sur le sang qui coule de ma plaie.* Une étrange pensée traversa alors l'esprit du jeune homme: il aimait sa vie et n'éprouvait aucun besoin de passer dans l'autre monde, mais l'idée de mourir sous les crocs de cette sublime apparition ne le dérangeait pas plus que cela, tout compte fait... peut-être même qu'il y aurait pris plaisir... Il secoua violemment la tête, provoquant un accès de douleur dans sa nuque blessée: il devait s'être cogné plus fort que prévu pour avoir des pensée pareilles.La vampire l'entraîna vers une galerie plus éclairée et Ezel remarqua qu'elle faisait l'effort de ne pas regarder le sang qu'il sentait couler dans son cou. Ainsi, elle n'avait pas l'air de vouloir le tuer, au contraire. Sa voix parut presque stable lorsqu'elle demanda à Ezel s'il connaissait un endroit sûr."Je... euh... oui, j'ai peut-être une diée." Il s'avança, toujours à moitié soutenu par la créature. Une douleur sourde battait dans son occiput, mais les effets du choc se dissipaient et il fut bientôt en mesure de marcher tout seul - certes, d'un pas mal assuré, mais tout seul. L'atypique couple déboucha ainsi sur une petite place à ciel ouvert, ornée de quelques arbres et buissons qui luttaient vaillamment contre la pollution ambiante. Ezel se laissa tomber sur un banc avec un soupir et sortit son mouchoir pour éponger l'arrière de sa tête. Il leva un sourire désolé vers la vampire:"Merci d'être intervenue en ma faveur. Je m'excuse de vous avoir inquiétée, je... ça va mieux maintenant, j'ai juste un peu mal, ce n'est pas grave. Je m'appelle Ezel Verian, je suis le gérant du musée. Etes-vous blessée?" Il était sincèrement intriguée par cette créature tout droit sortie d'un conte de fée, si bien qu'il fit mine de ne pas s'apercevoir que la vampire continuait de mettre le plus grand soin à ne pas fixer le mouchoir teinté de sang qui passait sur ses cheveux. Ezel eut de nouveau ce fugitif et étrange désir de la laisser faire tout ce qui lui paraissait bon, y compris le vider de son sang si elle le voulait...*Non! Je voudrais juste en savoir plus sur elle. Rien d'autre, absolument rien d'autre.* Cela devait être le magnétisme naturel des vampires qui lui faisait cet effet. Oui, sans plus. C'était certainement cela..._________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Dim 9 Oct - 15:03 | |
| Durant tout le trajet, elle n'avait cessé de lutter contre son envie, qui se calma légèrement lorsqu'ils arrivèrent à la petite place où l'avait guidé Ezel. L'air frais lui fit du bien, un courant d'air frais caressant sa peau et se perdant dans ses cheveux ondulés. Elle observa l'endroit, appréciant le calme qui y régnait, admirant les quelques étoiles que les lumières électriques n'avaient pas occultées. Les étoiles l'avaient toujours fascinée, et elle pouvait parfois se perdre des heures dans leur contemplation, perdue dans ces milliards d'éclats scintillants que constituaient le cortège de dame lune se reflétant dans ses yeux aux couleurs étranges et l'illuminant doucement, nimbant d'argent la place et les deux protagonistes. Mais il aurait été fort impoli de s'abandonner à ces rêveries, plus appropriées à la solitude, et elle baissa ses yeux vers Ezel, ceux-ci capturant pourtant toujours les lumières célestes et rendant son regard plus pénétrant encore.
Néanmoins elle ne pût s'empêcher de regarder le sang d'Ezel, teintant son blanc mouchoir de leur couleur vermeille...Et le spectacle captivait toujours autant la vampire, bien que cette sorte d'admiration fut bien moins innocente que celle qu'elle vouait aux astres nocturnes. Mais le sang attirait toujours presque irrésistiblement Viviane, qui parût hypnotisée pendant quelques instants avant de se faire violence et détourner sa vue du tissu imbibé de ce parfum et de cette substance lui donnant une toute autre teinte. Elle fixa Ezel dans les yeux, se forçant à ne pas laisser s'égarer les siens, et l'écouta attentivement, son regard paraissant étrange car miroir de son esprit habité par des émotions contraires. A savoir tout d'abord l'intérêt qu'elle portait au jeune homme qui l'avait charmé par l'innocence, la douceur, la naïveté qu'il dégageait, et en même temps cette envie qu'elle avait de planter ses crocs dans sa gorge, dans son cou frêle et fragile, les sentir s'enfoncer lentement, avec douceur, puis goûter avec extase au délicieux nectar courant dans les veines de ce garçon pour le moins charmant, étreinte tendre, sensuelle, et à la fois douloureuse et effrayante pour qui la subissait. Elle-même n'avait jamais oublié ce flot de sensations et d'émotions ressenties lorsque Samson avait fait d'elle une vampire, sa semblable et sa compagne pour ce qu'elle pensait être l'éternité...
Enfin elle répondit à son interlocuteur qui paraissait presque aussi troublé qu'elle, sa voix vibrant d'intensité, ses émotions à peine contenues, mais n'altérant en rien son timbre exquis."Ezel Verian...quel nom charmant et doux pour un être qui ne l'est pas moins. Ne vous inquiétez pas pour moi, la peur fut plus grande que le mal, et je n'ai subi aucune blessure. Mais si vous êtes le gérant du musée, vous devez être passionné d'Art!" A cette dernière phrase, il était impossible de ne pas voir quel passion, quelle admiration elle vouait à l'Art, l'hypnotisant plus que le sang et les étoiles réunies. Ses yeux recelaient un éclat immense, et sa voix avait reflété la fièvre que pouvait lui procurer ce qui l'avait sauvé en partie de la mort."Nous aurions lors au moins un point commun. Malheureusement, à part la musique, je ne m'y connais que peu, et j'adorerais que vous me fassiez découvrir maintes oeuvres qui ne vous sont plus inconnues depuis longtemps, me raconter leur histoire, celle de leur auteur, qu'est-ce qui a provoqué leur naissance... Mais pardonnez-moi, je manque à toutes les convenances! je me présente : Viviane d'Avalombre, cantatrice." |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Lun 10 Oct - 21:52 | |
| Combien de temps dura leur échange silencieux, Ezel aurait été incapable de le dire. Pendant quelques secondes, pendant quelques siècles, il s'était égaré dans le regard aux reflets moirés de la vampire. Lèvres entrouvertes, main armée de son mouchoir figée sur sa nuque, tête légèrement renversée en arrière, le jeune homme ne pensait plus, il ressentait. Une fascination sans limite pour ces yeux, ce si beau piège dans lequel il s'était laissé enfermer sans même penser à se débattre. De la peur aussi, peur de la gazelle acculée face à une splendide et implacable lionne, peur de mourir de cette mort qui pourtant paraît presque belle.Et l'écho de son trouble qu'il trouvait dans le regard de la créature n'était pas fait pour le faire retomber sur terre. Il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Il n'éprouvait pas pour la vampire ce doux et tenace sentiment qu'évoquait Sérénité en lui, ce n'était même pas comparable. Là, c'était... ce n'était pas doux, c'était dangereusement lascif. Il sentait un obscur désir prendre forme dans son inconscient, un désir qui rejoignait ses pensée funèbres vis à vis de la morsure de la créature. Un désir qu'il refusait formellement de formuler de manière explicite, mais qui devait commencer à se voir au fond de ses étincelants yeux verts...Ce fut elle qui brisa l'échange, d'une simple phrase prononcée avec une voix mélodieuse à souhait. Ezel retomba brusquement dans son corps et les lumières des galeries semblèrent se rallumer autour de la petite place. Sa propre voix lui parut étrangement calme et rêveuse, comme s'il avait fumé une substance légèrement illégale."Viviane... Vous chantez? C'est pour cela que votre voix est si belle, alors... Je suis étonné de ne pas avoir entendu parler de vous, avec un timbre si beau vous devriez être célèbre, non?" Il avait dit cela d'un ton presque plus sincère que naïf. Sa fonction de conservateur du musée, qui lui paraissait si loin l'instant d'avant, lui sembla soudain omniprésent lorsque l'enchanteresse créature l'évoqua. Il rangea vivement son mouchoir dans sa poche dans l'espoir d'apaiser le malaise de Viviane et dit avec gentillesse:"Oh vous savez, rien ne vous empêche de venir au musée. les visites sont parfaitement autorisées pour les vampires, du temps que vous respectez les autres visiteurs... J'ai même réussi à faire mettre en place des horaires nocturnes, ce serait bête de ne pas en profiter." _________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Mar 11 Oct - 21:07 | |
| Face à l'étonnement d'Ezel quant au fait que Viviane ne soit pas connue, elle ne pût que tristement baisser les yeux, une première vague de souffrance l'envahissant. Les causes qui l'avaient fait fuir le reste du monde réapparaissaient trop clairement à ses yeux en cet instant...L'image de Samson, son beau visage seul épargné des méfaits des tueurs, la douleur qui s'était ensuivie, si grande, si intense, l'envahissant, la submergeant toute entière et contre laquelle elle n'avait pû lutter...mais son aimé était mort, ses tragiques émois apaisés et son amour n'était plus autant passionné. Le temps avait apaisé bien des choses, et c'est pourquoi elle réussit à refouler ses sentiments au bout de quelques instants, bien que son trouble apparût dans sa voix et que se yeux fussent toujours voilés par la mélancolie et certains souvenirs lorsqu'elle prit le soin d'expliquer un peu pourquoi son timbre était ignoré du reste du monde en général."Voyez-vous, je ne recherche pas la célébrité, j'ai même entrepris de fuir la civilisation à une époque qui n'est pas si lointaine pour moi... Les raisons qui m'ont poussée à fuir ne sont plus valables, et je pourrais peut-être réexercer mon métier si j'essayais, et peut-être même être connue...Mais mon retour est assez récent, et je n'ai pas vraiment songé à reprendre l'opéra. Mais je dois avouer que l'appel de la scène est parfois très fort, et je songe à revenir sur les planches..." Elle sourit à Ezel, un sourire d'une tristesse infinie, mais néanmoins très doux, avant qu'elle ne s'oblige à réadopter une attitude plus convenable et moins embarassante sûrement pour son interlocuteur, chose fort difficile puisqu'elle suivait normalement ses sentiments et laissait libre cours à ses émotions."Je ne savais pas que le musée était ouvert la nuit...C'est fort aimable d'avoir pensé à nous qui redoutons les reflets d'or du soleil versant ses rayons chatoyants sur le monde pendant un temps qui nous est interdit...mais je suppose que vous devez être détenteur de secrets concernant ces oeuvres, et je serais vraiment ravie si vous acceptez de me les dévoiler, de me révéler ce qui est caché au public lors d'une visite en ce lieux que vous arpentez jour et nuit certainement..." Mais encore fallait-il pour cela qu'il veuille la revoir, et vu les pulsions vampiriques qui s'étaient réveillées en elle lors de la vue du sang de son interlocuteur, elle aurait compris qu'il craigne trop une autre entrevue... Il était bien courageux de ne pas s'être enfui lorsqu'il avait constaté les causes que cela engendrait chez Viviane. D'ailleurs elle avait noté qu'il avait rangé son mouchoir, et elle trouvait le geste fort courtois, et l'en remerciait implicitement. Et heureusement qu'il avait dérobé à sa vue ces éclats vermeils, car au souvenir de Samson et de cette rivière rouge sombre prenant source dans tant d'endroits en son corps pour s'en échapper vivement, elle aurait bien pu céder à la tentation de mordre le jeune homme qui l'avait attirée irrésistiblement et possédait un charme loin d'être des moindres. Elle faisait d'ailleurs depuis le début un effort de volonté très grand pour ne pas succomber à ses désirs, surtout qu'elle se sentait de plus en plus attirée, charmée par ce bel hybride. Sa volonté n'aurait pas été tant mise à l'épreuve si seulement Ezel n'avait pas eu un tel effet sur elle, chose qui devait se voir facilement...! |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Mer 12 Oct - 19:48 | |
| Etrangement, la tristesse qui s'empara de la vampire lorsqu'elle expliqua les raisons de son retrait de la scène redonna un peu d'assurance à Ezel, et la fascination qu'exerçait Viviane sur lui perdit un peu de son inquiétante intensité pour passer à un sentiment plus tranquille. Le jeune homme connaissait la détresse, c'était un sentiment qui l'avait giflé un trop grand nombre de fois pendant les années qu'il avait dû passer sans ses parents. Il se sentait à présent l'envie de consoler la vampire, de la distraire des tristes pensées qui semblaient l'habiter.Il vérifia que la plaie de sa nuque ne saignait plus en l'effleurant du bout des doigts, et il sentit avec satisfaction que la pression qu'il y avait exercée avec son mouchoir s'était révélée tout aussi efficace que douloureuse. La vision de sa nuque ne devait plus être aussi éprouvante pour Viviane. Il se poussa légèrement sur le banc et sourit:"Vous pouvez vous asseoir, vous savez, vous serez mieux que debout." Bien que relativement naïf, Ezel se doutait bien que les sentiments que Viviane éveillait en lui n'étaient pas des plus recommandables. Mais ce n'était pas pour rien qu'à dix-neuf ans, il n'avait jamais connu de relation significative avec une créature féminine: à l'âge où la majorité des garçons ne pensent qu'aux moyens de séduire les membres du beau sexe, Ezel était déjà orphelin et considérait l'amour comme quelque chose qu'on lui avait enlevé avec interdiction formelle de le récupérer un jour. C'est pourquoi les envies qu'il associait à la si belle créature qui lui faisait face lui étaient plutôt lointaines, comme des idées très abstraites auxquelles il n'accordait pas la moindre importance. Excepté cette envie de morsure qui tournait en rond au bord de son inconscient et lui paraissait encore plus lubrique que toutes les autres réunies..."Euh, vous savez, pour le musée... normalement seul le personnel autorisé peut pénétrer dans les coulisses, et..." Il changea soudain de ton: l'idée que la déception pût entacher le visage de Viviane venait de lui apparaître comme insupportable."Mais je peux faire une exception, évidemment, d'autant plus que... que vous ne me paraissez pas le genre de personne à pouvoir nuire aux oeuvres. Mais je vous suggère d'attendre ici encore quelques temps: la place est tranquille, et le musée n'est pas encore fermé. Je préférerais vous le faire visiter tout à fait au calme. Asseyez-vous, vraiment, j'insiste." Le jeune conservateur avait totalement oublié le vernis qui dormait dans sa poche et la toile qu'il trouvait encore peu de temps auparavant si urgente à préparer._________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Jeu 13 Oct - 13:37 | |
| Viviane ne pût cacher la surprise qui s'empara d'elle lorsqu'Ezel lui proposa de s'asseoir à ses côtés. Elle le fixa dans les yeux pendant un moment qui lui parût une éternité où son regard se fit indéchiffrable, ne cillant pas une seule fois, comme s'il cherchait à passer à travers l'envellope d'Ezel pour voir ce qu'il cachait au plus profond de lui. Puis, sans un mot, elle s'approcha, lentement, la grâce se reflétant dans le moindre de ses mouvements et dans sa démarche fluide et aérienne, tandis que son parfum léger laissait un sillon subtil dans l'air nocturne. Elle l'avait choisi car il reflétait l'innocence et le charme des jeunes jouvencelles, et surtout elle le trouvait agréablement ennivrant. Enfin elle prit place aux côtés de son interlocuteur et tourna son beau visage vers lui pour lui répondre dans un murmure qui pouvait passer pour intime, très doux et limpide."Je vous remercie de cette délicate attention, vous êtes charmant, mais je ne désire pas du tout vous attirer des ennuis, lors si ce devait être le cas je me contenterais de ce que l'on veut bien dévoiler au public." Elle regarda pensivement devant elle, ses paupières couvrant en partie ses yeux rêveurs ne semblant plus rien voir, avant qu'elle ne reprenne la parole au bout de quelques brefs instants sur le même ton qu'auparavant."Mais vous avez raison l'endroit est agréable par rapport aux galleries, et bien que la nature n'y possède que de faibles droits, elle lui donne un peu de poésie. Il est toujours plus agréable d'entendre le vent faire chanter les arbres sous ses caresses que le bruit d'une foule grossière et sans intérêt. Ce monde paraît posséder bien peu de beauté, ainsi celles que l'on y trouve paraissent d'autant plus rares et appréciables...Vous ne croyez pas?" A cette dernière interrogation, elle tourna de nouveau la tête qu'elle avait gardée droite, dans l'axe de sa colone vertébrale, vers Ezel, son regard redevenu plus perçant et énigmatique, plus présent. |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Sam 15 Oct - 12:35 | |
| Ezel se renversa en arrière contre le dossier du banc, l'air pensif."Je ne sais pas... Vous n'êtes pas née sur Adhénor, n'est-ce pas? Moi je n'ai jamais vu la Terre, je ne suis même jamais sorti de Leidenstal. Je ne connais rien des étendues vertes dont vous me parlez, mis à part les maigres échantillons comme celui du parc de la ville… et ce que j'en vois dans les tableaux de mon musée, évidemment. Je vais vous paraître un peu ridicule, peut-être, mais je... j'ai tendance à m'imaginer la Terre comme un endroit très doux, très éthéré... je ne sais pas... un peu comme un tableau impressionniste, vous voyez?" Sa passion du moment... Depuis l'incendie du musée d'Orsay, un an auparavant, le musée de Leidenstal accueillait certaines toiles rescapées du désastre (elles étaient heureusement nombreuses, les systèmes anti-incendie s'étant avérés efficaces). Ezel était tombé sous le charme d'une représentation de la gare Saint Lazare, à Paris, un tableau de Monet qui n'attirait pourtant guère les visiteurs. Peut-être y voyaient-ils trop la modernité enfumée de Leidenstal alors qu'ils demandaient plutôt à échapper à l'urbanisme galopant de la cité. Mais Ezel trouvait ces effets de lumière si beaux, cette fumée autour des trains si ample et voluptueuse... C'était cela que lui rappelait Viviane: un tableau impressionniste, basé davantage sur l'accumulation des touches de peintures et des sentiments que sur un ensemble cohérent."Je m'excuse, ça doit vous paraître idiot comme vision du monde... Mais d'un autre côté, je ne pense pas que la foule des gens soit aussi inintéressante que vous le dites. J'aime bien le spectacle d'une famille en période de Noël qui traîne en ville pour acheter des cadeaux, illuminée par les guirlandes multicolores qui décorent les rues. A sa manière, Leidenstal et ses habitants sont beaux, eux aussi." Il sentait bien que la vampire ne l'approuvait pas vraiment, et il en était déçu. Il avait envie de plaire à Viviane, pas tellement parce qu'elle-même lui plaisait, mais plutôt parce que la reconnaissance de cette si belle créature pour sa pauvre personne lui semblait le plus merveilleux cadeau qu'il pût espérer. Pour la première fois depuis des années, il avait accepté les compliments de quelqu'un sans se poser de question, sans chercher à se dénigrer. Oui il avait été gentil en l'invitant à s'asseoir, et oui elle avait été sincère en le remerciant. Ezel aurait pu tout donner pour retrouver cette sincérité une seule autre fois, rien qu'une autre fois..."Et ne vous en faites pas pour la visite du musée: je vous l'ai dit, nous protégeons l'accès des coulisses pour le bien des oeuvres. Mais pour vous, je... bref, je n'ai pas peur de faire une exception pour vous. Je n'aurai pas d'ennuis, ne vous inquiétez pas." Et avant même de se rendre compte qu'il parlait à voix haute:"De toute façon, même si j'avais pu en avoir, je vous aurais tout de même emmenée." Tétanisé par ses propres paroles, il se détourna vivement, au risque d'attirer le regard de Viviane sur sa plaie et sur son cou qu'il n'avait même pas conscience d'exposer. Tout ce qui le préoccupait à cet instant, c'était que la vampire allait forcément le prendre pour un gamin écervelé après une phrase aussi ridicule..._________________  |
|  | | Viviane Invité
 | Sujet: Re: Courses tardives Sam 15 Oct - 17:50 | |
| Viviane était touchée par les paroles d'Ezel, se sentant de plus en plus proche de lui. Et ses dernières paroles lui allèrent droit au coeur, mais voyant la gêne, peut-être même la honte qui s'ensuivait chez le doux jeune homme après les avoir prononcé, dans un élan de tendresse, elle attrapa sa main droite(celle qui était la plus proche d'elle) et la prit entre les siennes, avant de tenter de rendre son interlocuteur plus à l'aise, ne faisant même plus attention à sa blessure d'où ne coulait plus aucune goutte vermeille."Je vous en prie, ne soyez pas honteux, au contraire, j'ai rarement reçu d'aussi touchants témoignages et vu de personnes aussi sincères." Elle s'arrêta un instant, puis revint sur le début de la discution portant sur la nature...En effet, comment Viviane n'aurait-elle pu se souvenir de Brocéliande à l'évocation de la Terre? Son ton se fit plus nostalgique et ses yeux rêveurs tandis que son murmure se faisait plus mystérieux au départ,sa voix caressante et limpide."Et votre façon de vous représenter la Terre n'est pas du tout ridicule. J'ai connu un endroit magnifique, le plus beau des paysages selon moi... Imaginez un océan de verdure, le soleil l'enduisant d'or et la lune d'argent, tous deux jouant aux ombres chinoises à travers les branches des arbres tandis qu'une rivière mêle son chant à celui des oiseaux, courant à travers cette immense forêt, son éclat reflétant celui des astres, onde d'étoiles scintillantes, miroir de la voie lactée... Et au coeur de cette nature vierge, splendide et paisible, se dresse un superbe palais de conte de fée, chacune de ses tours s'élevant plus haute que la précédente et semblant vouloir atteindre le ciel. Et dans ce palais, tout n'est que beauté, passion, Art, volupté... Et ce paysage enchanteur qu je vous conte est celui de Brocéliande, et ce château celui de mon enfance, où je naquis et vécus et où je pensais mourir si la vie ne m'avait réservé d'autres surprises...." Sa voix à cette dernière phrase était ambigüe, comme si elle regrettait sa terre natale et en même temps était heureuse ici.... Néanmoins elle évita de revenir au sujet des enfants, le portrait que décrivait Ezel lui rappelait trop tout ce qu'elle avait perdu et combien elle en avait souffert. D'ailleurs c'était aussi pour eux qu'elle se battait pour un monde de paix et d'harmonie, dont la musique était pour l'instant trop discordante pour que ce but soit près d'être atteint... Enfin elle reprit sur un ton plus léger:"J'aurais adoré pouvoir vous faire visiter cet endroit magique, mais malheureusement je ne le puis. Par contre à défaut d'être votre guide, je vois avec plaisir que vous acceptez d'être le mien. Et je crois que cette première visite du musée sera inoubliable, faîte en si charmante compagnie." Elle sourit tendrement, espérant que les coulisses du musée seraient un endroit magique abondant en oeuvres exceptionnelles et magnifiques, mais étant surtout heureuse qu'Ezel ait accepté qu'elle reste à ses côtés au moins pour cette nuit. Les êtres véritablement bons et généreux sont si rares, que ce soit sur Terre ou sur Adhénor, qu'elle ne pouvait s'empêcher d'être touchée par eux. De plus cet hybride à la beauté subtile et aux manières délicates paraissait si naïf et si innocent, sûrement touché par la douleur mais refusant d'en donner, que Viviane se sentait des instincts d'ange-gardien en cet instant, ne voulant que son bonheur et lui faire passer une soirée pour le moins agréable, chose qui peut paraître contradictoire avec sa nature et les pulsions que celle-ci pouvait engendrer. |
|  | | Ezel Verian Gérant du musée


Nombre de messages: 200 Race: Humain Clan: EDEN Date d'inscription: 12/09/2005
 | Sujet: Re: Courses tardives Sam 15 Oct - 19:09 | |
| Ezel se sentit rougir sous les compliments de Viviane, et il se surprit à se demander quel âge avait la vampire. D'apparence, peut-être le sien, mais si on considérait le nombre d'années pendant lesquelles elle avait posé son regard bleu et or sur le monde... Et c'était cette créature belle, subtile, marquée par une longue expérience, qui venait de lui dire sincèrement qu'elle appréciait sa candeur et sa gentillesse tout en lui serrant la main... Un contact qui aurait pu être le plus merveilleux du monde si les doigts de Viviane n'avaient pas été si froids sur la peau bien vivante d'Ezel."C'est à moi de vous dire merci." Il ne récupéra pas sa main. Alors que Viviane lui décrivait avec un amour passionnel le décor de son enfance, le regard d'Ezel se perdit dans le vague. Quelque chose dans la voix de son interlocutrice le berçait, lui faisait voir au-delà des quelques arbres qui lui faisaient face une immense forêt peuplée d'êtres millénaires. Il n'imaginait pas Brocéliandre, il était à Brocéliandre. Il sentait l'odeur fraîche des ruisseaux et des fontaines, voyait les grandes salles du château inondées de lumière et d'or, écoutait le murmure du vent dans les feuilles qui faisait écho au chant des moineaux et des merles...Ezel se rendit soudain compte qu'il avait fermé les yeux et il se redressa avec le léger sursaut de quelqu'un qui a failli s'endormir. Certes il commençait à fatiguer, mais à ce point... Il eut un petit sourire embarassé pour Viviane:"Je suis désolé, ne vous vexez surtout pas, mais votre voix est un tel don... Je crois bien qu'en essayant de mieux voir ce que vous vouliez me montrer, j'ai failli m'assoupir. J'ai peur que vous soyez déçue par le musée, à présent: il est bien terne comparé à cet endroit tellement merveilleux que vous venez de me décrire... Je ne comprends pas pourquoi l'avoir quitté. Vous n'y étiez pas heureuse?" Il ne voulait pas remuer des souvenirs désagéables, bien entendu, mais il était vraiment perplexe de voir Viviane à Leidenstal, dans la peau d'une vampire, alors qu'elle avait vécu dans un cadre aussi idyllique. A force de rester entre les mains de la vampire, la sienne s'était refroidie et c'était la peau de Viviane qui était à présent chaude de sa chaleur à lui._________________  |
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