Fallen

La lucidité est un vaccin contre la vie
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 Le gardien du musée

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Ambroise
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Ven 18 Nov - 14:18

Quelle jouissance que de sentir la frayeur, la peur du jeune homme... La terreur était un parfum ennivrant, du moins quand il la déclenchait chez les autres... Il ne se repaissait pas que de la vie des autres, mais aussi de leur malheur, de leurs émois tragiques, surtout lorsqu'il en était la cause. il était tellement bon de torturer psychologiquement autrui. La torture physique avait aussi ses attraits, néanmoins cela faisait un certain temps qu'Ambroise avait compris combien les sévices psychiques que subit quelqu'un sont plus traumatisants que ceux que subit son corps... Mais il fut tiré de ses sensations sadiques par le bruit de tlons sur le sol...

Ambroise regarda Gaïa s'avancer vers lui d'une démarche gracieuse, rendant encore plus voluptueuse la merveille qui lui faisait face, surpris qu'elle se rapproche autant et oubliant totalement Ezel qu'il s'amusait à effrayer un instant avant. Hypnotisé, il aurait pu accepter n'importe quoi sur le moment. Alors, lorsque la superbe créature posa ses conditions après avoir laissé errer ses doigts sur son torse ensanglanté, il ne pût refuser, ce qu'elle lui offrait étant déjà un tel privilège! Puis soudain les lèvres de l'hll se posèrent sur les siennes, douces, exquises...Le baiser en lui-même était délicieux mais accompagné de ce sang, véritable ambroisie, il était tout simplement divin! La plupart des sangs sont déjà forts bons pour n'importe quel vampire, mais le sang d'une déesse! Cette sensation était ennivrante, moment d'extase hors du temps, où plus rien ne semblait exister en dehors de Gaïa et de ses sensations. L'instant était presque indescriptible, il en avait rarement connu d'aussi forts et d'aussi troublants...

Emporté par ce flot d'émotions, Ambroise posa sa main droite sur la joue gauche de la troublante créature, geste qu'il n'avait eu qu'envers Carmine, lorsqu'il embrassait celle-ci. D'ailleurs c'était la première fois qu'il avait un rapport aussi intime avec une autre personne, et il voulait goûter le plus longtemps possible à l'ivresse du moment. La peau de Gaïa était si douce, si tendre...Mais il avait promis qu'il n'y planterait pas les crocs, et il tiendrait parole.

Il ne savait pas comment Gaïa interpréterait ce geste tendre, mais il espérait qu'elle ne s'en offusquerait pas. Lui-même ne savait pas ce qui l'avait poussé à agir ainsi, était-ce une tentative pour rendre plus intime cette étreinte, pour lui donner un côté plus doux, ou une manifestation de son inconscient?

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Gaïa
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Ven 18 Nov - 16:24

Comme emportée, avec quelques réticences instinctives, elle ne songeait au début qu'à ne lui accorder qu'une parcelle de ce "privilège".
Le fait de s'être elle même coupée la langue ne l'aurait pas confrontée à une résistance physique caractérisée par des crocs torturant sa chair de marbre.
La traction se voulut d'abord n'être infime alors que l'échange se montrait d'une subtilité énivrante.
Sans vouloir le cacher pour une quelconque raison, elle y prenait un réel plaisir, sentant les lèvres et la langue du vampire se muer en un mouvement tremblant qui semblait réchauffer son corps tout entier...
Elle connaissait la plupart des propriétés d'un contact vampirique surévalué ou pas, quoiqu'on en dise ils représentaient en général des amants aux talents incomparables dont la cruauté pouvait se mêler d'un certain magnétisme ce qui leur valait parfois le surnom d'"incubes".

Sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, elle s'était tout aussi instinctivement rapprochée de la créature comme pour mieux s'enflammer à son contact, la froideur du sol faisant rougir délicatement la peau pâle de ses cuisses.
Par contre, elle sentit la délicate main glacée d'Ambroise effleurer sa joue en un doucereux contact, comme pour prolonger l'échange.
Elle sentit la brise nordique effleurer sa peau avant de se répandre à la totalité de son visage dont les couleurs si expressives semblaient se retirer.

Ses yeux s'étaient refermés alors qu'au bout de longues secondes elle reposait comme vidée, dans les bras du Vampire, littéralement allongée telle une enfant agitée, confiée aux bons soins du marchand de sables.
Pourtant elle n'avait pas pu perdre tant de sang que cela par le seul biais de sa langue, bien qu'elle se soit apparemment montrée bien téméraire en s'ingligeant une blessure si grande.
Comme plongée dans un état extatique, yeux clos, elle se souvint d'une époque reculée ou encore fragile et vulnérable elle se laissait bercer par les bras de son "père" alors que ses lèvres étaient amoureusement posée sur ce petit cou à la peau tendre et parfumée.
Malgré tout l'apaisement qu'elle avait pu en tirer elle n'avait jamais apprécié le fait d'être pénétrée de la sorte pour se trouver spoliée de son liquide de rubis, ses souvenirs, sensations et pensées.
Car malgré tout ce que l'on pouvait en dire elle avait toujours eu dans l'idée que lors d'un repas, les vampires ne prenaient pas que du sang, avec l'âge leur connaissance de ce que pouvait leur apporter cet acte s'accentuait dangereusement pour tout mortel qui croiserait leur route...

Et pourtant, elle se trouvait là affalée dans les bras de cet être àl'apparence si frêle et fragile, elle, l'Artiste, grandie de sa sauvage beauté agressive, amazone des landes perdues, fauve méfiant et sournois, oui, elle se trouvait si bien ainsi, son intimitée violée par ce subtile inconnu.
Ses lèvres presque gercées se détachèrent d'elle même de celles d'Ambroise tandis qu'elle se blotissait contre son torse ensanglantée, telle une petite fille perdue, l'enfant qu'elle n'avait été que le long d'une ère incertaine.
Elle enlaça sa taille de ses longs bras graciles, laissant ses grands doigts minces courire sur le dos du vampire sans se soucier du sang qui la souillait, ou même de l'étrangeté de ce tableau irréaliste.

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Ambroise
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Dim 20 Nov - 17:43

Plus les secondes défilaient, et plus l'échange devenait intime et fusionnel. Pourtant il n'aurait pas pensé trouver en l'amazone superbe, fière, supérieure, une enfant si innocente... Il lui semblait que Gaïa et lui-même étaient deux êtres perdus dans des émotions, deux êtres qui se montraient forts alors qu'ils étaient au fond si fragiles. Il ne pouvait s'empêcher de comparer la splendide hll à lui, créature opposant à la face du monde un personnage, ne dévoilant pas qui il était réellement sous peine d'être détruit. Malgré tout ce que l'on pouvait croire, sa haine, son sadisme, sa rage, ses pulsions violentes et meurtrières n'égalaient pas sa douleur. Cette dernière lui paraissait parfois incommensurable... Il était meurtri, déchiré, il lui semblait parfois qu'il ne ressemblait plus qu'à un spectre, un pantin inarticulé s'amusant à malmener les autres marionettes dont les fils étaient tirés par des maîtres bien peu louables...

Qui se serait douté qu'il se dévoilerait face à Gaïa, comme elle-même s'était en partie dévoilée à lui...? Pour une fois il ne jouait plus, elle avait réussi à l'émouvoir, à se frayer un chemin jusqu'à son âme, le troublant profondément. La solitude lui semblait bien lointaine en cet instant, comme si la jeune femme et lui, palpant, cherchant, tels deux enfants égarés en se trouvant sont apaisés. Il n'y avait pas besoin de mots, les sensations étaient si fortes... Et lorsque la merveileuse Gaïa l'enlaça, tous les faibles barrages de son âme qui auraient pu résister s'effondrèrent. Il la serra dans ses bras, doucement, tendrement, comme s'il avait entre ses mains le plus précieux et le plus délicat des présents. Il n'aurait su déterminer ce qu'il ressentait en cet instant, il était trop bien pour réfléchir, plus rien ne semblait avoir d'importance en dehors de la magnifique jeune femme...

Cela faisait une éternité qu'il n'avait été si tranquille, son coeur lui faisait l'impression d'un jardin d'eden trop petit pour contenir son bonheur. Il effleurait sa compagne du bout des doigts, caressant lui aussi son dos, sa nuque, savourant la douceur de cette peau sans pourtant qu'aucune idée lubrique ne lui vienne à l'esprit. Il avait toujours subsisté en lui cette part d'innocence, si bien cachée, et malgré sa vampirisation, il n'était pas une bête sauvage assoifée de sang et dépourvue d'âme. On le traitait de monstre sans le connaître, on l'accablait de reproches, de qualificatifs injurieux, mais cela n'avait servi qu'à attiser sa haine, cercle vicieux d'une émotion que la mort avait menée à son point le plus intense, apothéose infernale de rage déferlant d'Ambroise qui se libérait de sa souffrance en l'infligeant aux autres...

Et pourtant, plus le temps passait, plus la tristesse s'ancrait, devenant de plus en plus difficile à soulager, malgré le sang, le meurtre, la torture...Elle n'avait réussi à s'enfuir qu'à travers quelques larmes véritables... Un auteur dont il avait oublié le nom avait justement dit: "les larmes qui coulent son amères, plus amères celles qui ne coulent pas". C'était vrai, plus Ambroise s'était endurci, se faisant inacessible, plus il avait refoulé ses sentiments, et plus ils s'étaient manifestés par des actes que l'on jugeait incompréhensible...

Mais tout cela lui semblait bien loin en cet instant surchargé d'émois intenses et contenus, moment où plus rien n'existait à part un couple étrange...

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Ezel Verian
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Mar 22 Nov - 19:34

Ezel était sorti de la pièce sans s'en apercevoir. L'instant d'avant il assistait à ce baiser à mi-chemin entre le romantisme le plus absolu et le sado-masochisme le plus profond, l'instant d'après il était dans le couloir, sa main encore posée sur la clenche de la porte qu'il venait de refermer. Le jeune conservateur observa un instant ses doigts et remarqua avec détachement qu'ils portaient encore les traces du sang de Sérénité. Puis il promena un regard panoramique sur le couloir autour de lui. Désert. L'heure de fermeture ne devait plus être très éloignée.

Le jeune hybride sentit alors ses jambes faiblir sous son poids et il eut juste le temps de prendre appui contre le mur pour ne pas s'effondrer comme une masse. Tant bien que mal, il se laissa glisser le long de la rugueuse tapisserie qui couvrait les couloirs du musée et tomba plus qu'il ne s'assit jusqu'à côté de l'entrée de la salle de projection. Ses mains vinrent se placer de chaque côté de sa tête et il replia ses jambes pour se rouler en boule contre le mur, ses pensées à l'état d'arrêt total. Une douleur sourde pulsait contre ses tempes et son cou ceinturé d'hématomes lui faisait souffrir le martyr. Une larme s'échappa de ses paupières serrées pour courir le long de sa joue, bientôt suivie d'une foule d'autres, aussi silencieuses qu'apaisantes.

Alors c'était cela, se rendre utile sur Adhénor? Du sang, de la souffrance et des larmes? Lui qui voulait justement éviter ces trois démons, qui voulait croire qu'on pouvait les rejeter loin, très loin de Leidenstal. Quel naïf. Quel idiot. De combien de meurtres, de combats, de coups allait-il devoir être le témoin ou la victime avant de comprendre? Tout se réglait dans la violence, qu'elle fût verbale ou physique. Même ce baiser entre Gaïa et Ambroise, qui devait être si doux à vivre, était violent vu de l'extérieur.

Les doigts d'Ezel se crispèrent dans ses cheveux. Non, cela c'était encore un autre problème. Il se cherchait de fausses excuses pour expliquer son trouble à la vue de cette étreinte. En réalité, il était jaloux, et il ne le savait que trop bien. Pas des sentiments que s'échangeaient les deux créatures, non (il n'envisageait même pas que quelqu'un pût éprouver pareille chose pour son insignifiante personne). Mais jaloux de leur aisance et de leur charisme, cela oui, il l'était. Il ne comprenait pas comment il pouvait à la fois être conscient de ce qu'il pensait être sa médiocrité et pourtant ne pas réussir à y remédier. Etait-il donc si lâche, si feignant pour ne pas parvenir à faire aboutir le moindre de ses efforts? Même quand il s'était efforcé d'intervenir en faveur d'Ambroise face à Constance, il s'était soudain sentit si ridicule de tenter de se dresser contre sa propre faiblesse... si ridicule d'avoir été tiré de là par Gaïa et Sérénité...

Ezel rouvrit les yeux et ses mains lâchèrent sa tête pour venir enlacer ses jambes. Il posa son menton sur ses genoux et s'obligea à se calmer. Sérénité. Il fallait qu'il se focalisât sur elle. C'était une hybride, il en était certain, et c'était la première qu'il croisait. Ce serait peut-être aussi la dernière, s'il ne s'occupait pas de la retrouver au plus vite. Il avait fini par croire à cette idée absurde qu'il était le seul être mi-humain mi-Hll de Leidenstal. Voir cette décourageante impression s'effondrer le poussa enfin à inscrire un vague sourire sur ses lèvres brillantes de larmes. Oui, c'était difficile de bouger au lieu de rester dans son coin à pleurer sur son sort, mais il avait eu raison en se décidant à le faire, il avait eu raison de tenter de réagir en s'inscrivant à l'Eden. Et maintenant il avait raison de vouloir rechercher Sérénité.

Le jeune conservateur se força à se relever. Il avait toujours aussi mal à la tête, mais il se sentait mieux d'avoir pleuré. Ce n'était peut-être pas très glorieux, mais au moins cela avait le mérite de soulager. Restait un petit problème à résoudre: le fait qu'Ambroise fût la créature qu'il devait suivre. Ezel avait laissé dossier et vampire dans la salle de projection, et il n'aurait pas été très judicieux de s'en aller sans le moindre moyen de contacter Ambroise. C'était déjà un tel coup de chance de l'avoir rencontré dès le premier soir... Mais de là à entrer dans la salle alors que Gaïa et le vampire y étaient toujours... Réagir, d'accord, mais se suicider non. Indécis, Ezel ne put que rester planté près de la porte.

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Gaïa
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Ven 25 Nov - 16:05

Le voyage était déjà bien avancé.
Emportée, elle sentait la brise automnale d'un Ailleurs lui balayer les tempes, retirant de la même manières les tracasseries d'un quotidien alors fort instable.
Elle sentit le menton du vampire effleurer avec douceur son front sans même se rendre qu'ils s'étaient soudainement retrouvés seuls dans cette pièce sans dessus dessous, étrange tableau d'une fresque idyllique.
Les yeux toujours clos, elle semblait être prise dans les méandres d'un labyrinthe dont les murs s'érigaient de son passé tumultueux, labyrinthe dont elle avait peut être pensé à tort avoir trouvé la glorieuse sortie.
Peut on vraiment tiré un trait sur les fantômes du passé ?
Elle y avait cru si fort...

Alors qu'elle rouvrait lentement les paupières pour reposer ses belles prunelles ambrées sur cette réalité déplacée, transfigurée par cette à la fois si belle et si monstrueuse idylle elle n'eut aucune pensée pour ce froid morne qui se répandait de son visage à la totalité de son corps, cette langueur mortelle qui semblait s'être emparée de son être, elle n'eut aucune pensée pour le caractère moral de ce qu'elle était en train de commencer, pour la raison pour la raison qui justifiait sa présence en ce lieu, la fuite discrète du respondable des lieux,son rang...
Son regard translucide témoignait du néant qui s'emparait irrésistiblement de son être.
Elle n'eut qu'un fragment de pensée envers la dernière fois où elle s'était laissée aller au point de se faire dorloter de la sorte...
Cela faisait tant d'années qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien et à la fois si meurtrie, veau empli de bonheur et de dévotion alors que l'imminence d'une mort certaine maintenait en son sein une once de panique résignée...
Rêveuse, elle sentit ses doigts s'enduirent étrangement d'une substance qui suscita sa curiosité.
Les déliant quelque peu afin d'en détacher quelques uns de la pâle chair d'Ambroise elle resta quelques secondes immobiles à contempler béatement les gouttes de sang qui perlaient de ses ongles...De longues secondes angoissantes qui trouvèrent leur terme lorsqu'elle porta les rugbis à ses lèvres blanchies se laissant une nouvelle fois aller contre la poitrine aimée.

Mais quelque chose n'allait pas.
Ce n'était pas la première fois qu'elle se trouvait attirée par un homme au bout de plusieurs années, encore moins par un vampire, ce n'était pas la première fois qu'elle se sentait emplie d'un désir fulgurant, longuement assouvi.
Mais c'était bel et bien la première fois que des sentiments si absolus, si terrifiant traversaient son âme enclavée, la laissait nue et meurtrie au regard étranger, ôtait si subtilement le masque d'acier qu'elle s'était si habilement forgé...
Quelque chose n'allait pas...
Et avec l'imminence du dépouillement vint la peur panique de se trouver une nouvelle fois trop vulnérable pour ne pouvoir parer aucun coup, blessant ou meurtrier...
Elle ne pouvait se laisser embarquer dans un chemin si hasardeux, réduire en miettes ce qu'elle construit à grand prix de sang et d'eau...

Son visage empreint d'une douloureuse douceur, elle replaça ses prunelles dans les yeux d'Ambroise, lui aussi apparemment en proie à de grands bouleversements, avant de laisser échapper d'une petite voix rauque :


"Je crois qu'il vaut mieux que je m'en aille..."

Sans attendre de réponse, elle se dégagea lentement de leur étreinte redoutant qu'il ne la retienne pour se diriger vers la porte sans prendre garde aux paramètres de la situation.
Le trouble était père de confusion ce qui se faisait bien ressentir à travers son attitude...Et pourtant pouvait elle nier à quel point elle le désirait à l'instant...

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Ambroise
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Mer 30 Nov - 10:55

Alors que le sentiment de plénitude qui s'était emparé de son être semblait à son apogée, il ressentit plus qu'il ne remarqua un émoi étranger à cette douce harmonie, une peur sous-jacente qui se mit à enfler, à gonfler, telle une vague pour se transformer en raz-de-marée. Et Gaïa semblait s'éloigner, fuir...mais à quoi ou à qui tentait-elle d'échapper...? Il était perdu, désemparé, ne comprenant pas ce premier éloignement psychique, leurs esprits ne semblant plus aussi uni. Soudain, la sublime créature posa ses yeux ambrés sur lui, et il se perdit dans ce regard où voltigeaient, où tourbillonaient maints émois...

Mais le coup fatal vint juste après... elle partait! Sa fuite se matérialisait totalement. Ce fut un coup fulgurant qui transperça le coeur d'Ambroise. Il sembla se former en un instant un abîme d'émotions, tumulte, tempête, ouragan auquel il ne pût résister. Il se leva, plus rapide que l'éclair et se précipita vers Gaïa et l'enlaça, la serrant dans ses bras, sa joue et sa poitrine contre le dos de la magnifique hll, ses bras passant sur le ventre de celle-ci. Il la supplia alors, en un murmure mélodieux, se dévoilant encore plus.


"Je t'en prie, ne m'abandonne pas! Je t'en supplie..."

Il se raccrochait à la jeune femme comme si elle était sa dernière chance d'accéder au bonheur, de retrouver peut-être un amour... Il avait perdu sa mère et Carmine, les deux seules femmes qu'il avait aimé jusqu'à présent, et cela l'avait rendu dément...mais il préférait être fou d'amour que de douleur, et si Gaïa était sa chance de retrouver ce premier type de folie, il ne se pardonnerait jamais de l'avoir perdue, d'avoir laissé partir ce rêve...

Il ne se préoccupa pas de cette larme glissant lentement le long de sa joue, tâchant sa peau de neige d'un sinueux dessin vermeil... Il se trouvait comme un funambule sur un fil, prêt à s'effondrer, à sombrer au moindre faux pas... Il ne s'était même pas rendu compte qu'il l'avait tutoyé, il avait inconsciemment aboli les distances qui pouvaient le séparer de ce songe que symbolisait l'onirique hll... Il ne cachait plus sa sensibilité exacerbée, il se laissait imprégner, envahir, ne refoulant plus rien...
Il avait l'impression d'être tel un navire pris dans une tempête, un papillon dans un cyclone, être perdu dans sa tourmente...

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Mer 30 Nov - 21:38

Quelle impulsion, quel pressentiment empêcha Ezel d'ouvrir la porte alors qu'il s'y était enfin résolu? Difficile à dire. Toujours est-il que sa main resta inerte sur la clenche, comme si elle se refusait à pousser le battant de bois pour entraîner le jeune homme dans une suite d'évênements qui ne le regardaient en rien. Non, il n'avait pas à retourner dans cette pièce, pas tant que les deux créatures qui s'y trouvaient ne l'y auraient pas elles-mêmes autorisé. Mais le temps jouait contre le conservateur, et s'il voulait retrouver la trace de Constance et Sérénité, il ne devait pas leur laisser trop d'avance. En proie à un dilemme d'une ampleur inattendue, Ezel se mordit la lèvre. Que devait-il privilégier, la recherche d'un être qui lui ressemblait ou la sauvegarde de son rôle à l'Eden?

Oh tant pis. Après tout, Ambroise semblait avoir noué des liens bien particuliers avec Gaïa, et qui mieux que la seconde de l'Eden pouvait s'assurer de la protection du vampire? Ezel doutait qu'elle lui laissât le suivi d'une créature pour laquelle elle semblait éprouver bien plus qu'un simple intérêt professionnel. Non, dans son esprit son rôle s'arrêtait là. Mais il ignorait encore certaines choses au sujet d'Ambroise, comme le fait que lorsqu'il n'avait pas à faire face à une foule d'émotions comme c'était le cas en cet instant, le vampire n'oubliait pas ce qu'il avait commencé et n'était pas du genre à laisser aussi facilement l'une de ses proies...

Mais l'idée que la créature put chercher à le retrouver par la suite ne traversa même pas l'esprit d'Ezel, et c'est sans la moindre crainte que le jeune hybride pivota sur ses talons pour prendre la direction de l'entrée du musée. Tout en essuyant ses dernière larmes, il traversa le hall pratiquement désert pour aller chercher de quoi écrire dans la logia de la caissière, qui était déjà rentrée chez elle. Il dénicha un bout de papier sur lequel il écrivit d'une belle écriture scolaire:

J'ai à faire en dehors du musée, pardonnez-moi de ne pas vous avoir salués avant de partir, mais j'ai préféré vous laisser seuls. J'espère que monsieur Ambroise est toujours d'accord pour répondre à quelques unes de mes questions à l'occasion, à moins que mademoiselle Zahara ne préfère me retirer son dossier. Je vous souhaite le bonsoir.

PS: Je dois fermer le musée, mais je laisse la porte Est ouverte.


Il signa et revint sur ses pas pour glisser le feuillet sous la porte de la salle de projection. Cela fait, il s'empressa de faire sortir les derniers visiteurs avant de se précipiter au vestiaire pour y prendre son manteau. Il n'avait que trop tardé. Il ferma toutes les issues, sauf celle du levant comme il l'avait promis, puis éteignit les lumières principales pour abandonner un musée qui s'endormait à la lueur des veilleuses. Le jeune conservateur remonta son col pour affronter le froid ambiant et referma la grille principale derrière-lui avant de s'éloigner dans les rues de Leidenstal.

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Gaïa
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Jeu 1 Déc - 20:03

Il semblait que l'oiseau ne se soit pas envolé assez vite pour échapper au tourment de la tempête...
D'abord au bord de l'affolement, la jeune femme commença à se débattre furieusement, griffant au passage en de longs sillons sanglants les bras et le visage du vampire qui ne lâcha pas prise pour autant...
Comment expliquer un tel comportement si ce n'était en l'intense sensation que la Hors la Loi avait de se perdre dans un gouffre qui se refermerait inéluctablement sur sa gloire antique.
Elle ne voulait pas...Non elle avait si peur de la brèche que ses sentiments pourraient ouvrir dans son insouciance trompeuse, sa dernière défense...
Puis, vinrent le dernier coup du bourreau :


"Je t'en prie, ne m'abandonne pas! Je t'en supplie..."

Comme figée, toute couleur déserta définitivement son visage de marbre alors qu'elle laissait ses bras graciles pendre le long de son corps, étroitement enlacée, sans oser faire part de la douloureuse sensation qu'elle lui procurait tant le vampire semblait mettre de désespoir dans son acte.
Les secondes s'égrenèrent alors que le souffle de la sculpturale créature paraissait reprendre un rythme déjà plus régulier, sa tête basculant lentement vers l'arrière pour se poser sur l'épaule aussi épargnée que les avants bras, de son compagnon, totalement appuyée contre lui.
Laissant ses doigts assassins courir tendrement sur les membres meurtris, elle laissa son coeur s'apaiser à l'idée qu'il puisse partager un tourment relativement aussi angoissant que le sien...
A quoi pouvait il être dû ? Etant seul à avoir goûté son sang, lui seul avait pu assez pénétrer dans son intimité pour entrevoir des images de son passé volé.
Elle aurait tant voulu savoir ce qui avait pu atteindre un être si calme et rusé...Peut être aurait elle le temps de s'y mettre mais so seul désir à l'heure était de savourer l'instant sans trop savoir où orienter ses pas.


"C'est insensé...Tu ne me connais même pas..."

Elle aussi n'accorda pas grande attention au subit tutoiement sournois qui s'était habilement glissé sur le devant de la scène.
Elle se laissa balancer dans cette envoûtante valse, ses sourcils tristement froncés.Elle exhala un faible soupir en sentant ces bras aimants se délier doucement comme pour se muer en un mouvement caressant qu'elle accompagna distraitement sans se soucier du sang qui maculait ses doigts longilins.
Egarée telle une brebis trop loin de sa bergerie natale, elle ne savait plus vraiment où elle en était, et le désarroi d'Ambroise malgré l'absence de toute désapprobation de sa part n'était pas pour y arranger quoique ce soit.
Ce genre de relation l'effrayait assurément, à la seule idée de ne pas savoir où l'emmènerait telle aventure sa prudence innée lui envoyait de violents signaux d'arrêt qui la faisaient irrésistiblement trembloter...

Elle, Gaïa...Trembler à l'idée d'entamer une relation avec un vampire...Qui l'eut cru compte tenu de ses glorieux antécédants ?


"Qu'attends tu de moi ?"

Avait t'elle lâchée d'une voix lasse, claire, aussi musicale malgré tout que l'aimant murmure du nectar, déversé en un artistique flot d'extase avant de s'écouler délicieusement dans l'oreille sans se garder d'avoir laissé sur le lobe une destabilisante empreinte...
Doucereusement, elle se retourna dans cette étreinte équivoque pour faire face à l'homme au regard de glace qui lui avait adressé cette si émouvante supplique...
Si on lui avait dit qu'un jour elle se laisserait dépasser par un de ses propres petits jeux...
Presque abandonnée, le regard inquiet, elle attendit la réponse qui lui donnerait la marche à suivre oubliant totalement le monde qui entourait leur couple paradoxal.

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Ambroise
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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Mer 21 Déc - 22:59

D'abord, Ambroise dût faire face aux réactions violentes de l'hll, qui semblait se comporter tel un oiseau pris dans une cage et lacérant l'étreinte de ses bras. Pourtant il ne lâcha pas prise, il refusait de la perdre, remué, troublé par ce lien étrange qui les unissait et qu'il ne pouvait s'expliquer. Puis l'ensorcellante créature se calma, et cette lutte se transforma en une danse gracieuse, voluptueuse, Gaïa laissant sa tête se poser contre son épaule marquée par de sanglants sillons, ainsi que ses bras et quelques estafilades sur les joues... Elle était si tentante, son cou ainsi offert, les palpitations de ses veines invitant les crocs à goûter au sang chérit, sa peau douce et pâle semblable à une offrande délicieuse... Mais il savait qu'il n'y avait pas droit, elle lui avait interdit de planter ses crocs dans sa chair. Les interdits sont pourtant les plus excitants...

Ambroise détourna légèrement les yeux, le regard perdu dans le vague aux interrogations de la hll... Elle avait raison, il ne la connaissait pas, c'était insensé...mais le vampire avait-il seulement une once de raison? Il regarda Gaïa, une nuance de mélancolie dans le regard.


"Peut-on demander à un fou d'être sensé, ou même de prévoir quoi que ce soit, surtout lorsqu'on a passé la moitié de sa vie à lui prédire une mort proche? Pourtant je puis répondre en partie... Je n'ai jamais aimé qu'une femme, et elle est morte. Je croyais que je ne pourrais plus jamais qu'haïr, mais en vous se dessine un espoir que je croyais mort, celui de pouvoir aimer de nouveau, de pouvoir retrouver la beauté de cet émoi perdu... Cela seul représente un doux rêve, mais quel bonheur si nous pouvions le partager tous deux! Acceptez-vous?"

A sa dernière interrogation, une lueur illumina ses yeux gris, lueur d'espérance, éclat d'un songe caressé, prémice d'un avenir fantastique et merveilleux. Ambroise voulait vivre de nouveau, passer par tout un spectre d'émotions, se libérer du passé, pouvoir regarder le futur en n'y voyant plus seulement ruines, désolation, massacre... Il voulait redevenir plus vivant que mort, il voulait connaître davantage cette jeune fille qui avait fait ressurgir ces émotions qu'il pensait enfouies, créature troublante. D'autant plus qu'il était loin d'y être préparé, ne pouvant se douter qu'il découlerait autant d'émotions à partir d'une provocation... Mais est-on préparé à quoi que ce soit dans la vie?

Il se blottit dans les bras de la magnifique et émouvante hll, enfant qui voulait quitter la solitude, retrouver, inviter quelqu'un dans son monde, adulte qui retrouvait son innocence endormie, une part de sa bonté cachée. Il savourait l'odeur, le parfum de la jeune femme, cette sensation de la tenir contre lui, d'avoir ce droit, comme s'il avait attrapé la lune, non, même plus que l'astre nocturne! Elle représentait tellement... Mais c'était vrai, il était fou de se lancer ainsi corps et âme dans une aventure dont il ignorait tout. Et pourtant aucun regret, aucune crainte ne venait assombrir son esprit envoûté. Pourquoi devenir soudainement sage alors qu'il ne l'avait jamais été... Mais le pouvait-il seulement, et même le voulait-il? Sûrement pas, dans les deux cas.

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Jeu 22 Déc - 23:25

Elle ne savait vraiment plus où elle en était…Laissant son regard azuré se perdre dans le néant, sa grande silhouette soudainement si fragile dans les bras du vampire. Qu’était t’il en train de se passer ? Elle se sentait dores et déjà perdue, condamnée à cette mouvance perpétuelle de doutes, de sentiments exacerbés, de douleur cuisante et de larmes acides. Que penserait t’on d’elle si elle s’amourachait d’un vampire ?

Mais après tout depuis quand se souciait t’elle du qu’en dira t’on ? Non là n’était pas le problème elle en avait bien conscience.
Elle savoura silencieusement la calme puissance de l’étreinte qui se resserrait, réchauffant un peu plus ses veines glacées d’effroi. Oui c’était presque une crainte froide, sourde et insidieusement installée en son cœur.
Elle n’attendait pas vraiment de réponse à cette question inutile, elle se sentait déjà prise au piège. Qu’importait la raison, la réflexion, les accroches à la réalité ou toute donnée salutaire elle était bien déjà perdue.
Lorsqu’elle sentit son haleine chaude et pourtant si affolante se poser en douces brises sur son cou offert, elle sentit les battements de son pauvre cœur s’accélérer, simple réaction instinctive au danger animal que représentait le prédateur. Mais il lui avait promis…


« Voulez vous bien d’abord répondre à une question ? Revoyez vous en moi ce visage aimé ? Perdu sans être oublié ? Espérez vous revoir cette personne qui vous était si chère ? »

L’air presque égaré, elle replanta ses prunelles dans son regard éperdu attendant plus la réaction que les paroles à venir puisqu’elle ne savait encore si elle pouvait pleinement lui faire confiance. Une réflexion trop prolongée lui indiquera si ce qu’elle craignait était de fait ou d’imagination et elle ne voulait d’aucune manière ne représenter qu’une pâle figure d’un amour perdu. Même si elle ne se retrouvait plus en la tornade de sentiments qui l’emportaient elle gardait assez de lucidité et de fierté pour ne pas se muer en une banale imitation qui n’aurait pour fonction que d’apaiser le cœur déchiré d’un être souffrant. Oh non, elle n’était pas assez tombé pour se voir être rabaissée de la sorte tout de même et si elle daignait autant sentir en sa chair la souffrance de sentiments brûlants, elle n’accorderait pas assez longtemps ce privilège à une personne qui n’en valait pas la peine même si elle mesurait pleinement la vulnérabilité de sa situation compte de la teneur de la question, ou même seulement de la faiblesse de la voix qui la soutenait…

Elle se retourna lentement pour lui faire face, prenant délicatement dans ses grandes mains spectrales ce visage presque féminin, dont elle se délecterait éternellement si elle le pouvait, tout en se laissant bercer dans ces bras d’aspects si fragiles et qui la soutenaient pourtant pleinement, lui permettant de s’appuyer presque complètement contre lui, un doigt parcourant délicieusement les marques sanguinolentes allant de l’épaule au creux du bras.
Se sentant à nouveau prise dans d’étranges tourments, elle redressa un peu la tête pour l’interroger de ce regard à la fois si dur et si désespéré


« Je suis une femme impérieuse et exigeante, je ne pense pas pouvoir assumer une telle fonction à vos côtés, alors s’il vous plaît soyez sincères avec moi avant qu’il ne soit trop tard… »

Oui, si il n’était pas déjà trop tard…

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Ven 23 Déc - 0:54

Déjà, les premières questions, les premières craintes, face à ce sentiment auquel nul ne résiste, vous emportant dans des sphères de félicité et de délices autant que dans des méandres de souffrances... Il plongea ses yeux couleur acier dans ceux azurés de l'hll, écho du ciel, reflet de l'infini et répondit d'une voix douce, légèrement songeur mais ne laissant aucun doute sur sa franchise.

"Non, vous êtes trop différentes l'une de l'autre...et chacune inégalable, incomparable. Vous me paraissez être extraordinaire, chose que vous partagez en commun avec elle. Mais en dehors de ce passé, de son souvenir qui ne saurait être détruit, vous m'aurez tout à vous. Quel que soit votre caractère, c'est poursuivre une chimère que vouloir retrouver un amour perdu en une autre, et je ne l'imposerais pas ni à vous ni à moi."

Puis il se laissa emporter par ses pensées un instant avant de reprendre la parole.
"Par contre je vous demanderais d'être sincère aussi... Le doute est un de mes pires ennemis, et je ne désire pas le laisser me ronger une fois une fois installé."

Alors qu'il s'apprêtait à dire autre chose, il referma ses lèvres fines. Alors un sourire étrange vint se dessiner sur sa bouche. Quelle ironie, lui qui arrivait parfois si bien à faire le mal, à trouver les mots insufflant souffrance, peine... ces mots lui échappaient à présent. Comme toujours, il lui était si difficile de fournir des définitions pour quoi que ce soit, surtout pour décrire ses sentiments, tous confondus, comme un immense incendie aux flammes indistinctes les unes des autres... Tout était flou, confus, il lui semblait entrevoir, percevoir une partie de ce qui l'attendait sans toutefois pouvoir en être sûr. Gaïa était si...déstabilisante. Elle semblait représenter deux extrêmes, voire plus, être magnifique à la personnalité complexe et déroutante, mais qui touchait Ambroise. Il reprit la parole, les yeux de nouveau voilés, expliquant en partie son sourire.

"Il y a tant de choses à dire...mais j'ai l'impression de ne plus savoir m'exprimer. Vous êtes si..mystérieuse. Et troublante aussi. Vous êtes femme, mais il me semble entrevoir en vous une enfant, une part d'innocence et de pureté qui fait écho à ce que je cache... Il y a tant à découvrir, mais je préfère que le temps m'apporte certaines réponses au lieu de vous harceler de questions, surtout que j'aurais bien du mal à les formuler..."

Il se perdit de nouveau dans les yeux de Gaïa, incapable de se cacher devant elle, de jouer, de mentir... Il se sentait non pas démuni, mais bien, en accord avec lui-même, avec son monde, avec la sublime jeune femme, comme une note qui a trouvé sa place dans l'harmonie. Il avait déjà accordé implicitement sa confiance, chose surprenante et rare, qui ne s'était produite qu'avec ses parents et Carmine. C'était donc en quelque sorte un bon présage, car sa sensibilité n'avait jamais trompé le vampire. Mais s'il lui semblait deviner celle qui deviendrait peut-être (et même sûrement) son nouvel amour, il voulait apprendre à la connaître, et il espérait qu'elle n'avait aucun doute sur le fait que s'il la voulait, c'était pour elle, pour qui elle était, non pas pour remplacer celle qui avait été. Lui-même ne savait pas ce qu'il représentait pour la divine créature, mais il trouvait que l'instant était mal approprié pour lui demander, il voulait savourer le moment, le contact de ses mains sur sa peau, de sa tendresse, de cette vision merveilleuse qu'était ce chef-d'oeuvre et surtout ne pas la brusquer. Il voulait que ses confidences viennent d'elle-même, qu'elle se libère lorsqu'elle en aurait le besoin ou l'envie.

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Sam 24 Déc - 1:35

Gaïa ne sut d’abord quoi répondre à la tirade à l’évidence, franche d’Ambroise.
Elle le vit, silhouette aérienne et si assurée, en proie à une réflexion intense mais après tout elle ne pouvait lui reprocher de se poser de questions alors qu’elle venait de faire part du premier doute de cette relation naissante. Son front se dérida lentement alors que la crispation qui entravait sa gestuelle féline commençait à disparaître.
Alors qu’elle se laissait doucereusement aller à cette étreinte presque innocente elle surprit l’étrange sourire qui ornait les lèvres du vampire et sembla en saisir la teneur.
Le beau retournement de situation de l’arroseur attrapé.
Un sourire similaire fit sa désagréable apparition malgré elle, amer et sarcastique, représentatif de l’aspect irréel de cette situation qui semblait totalement la dépasser tant elle se trouvait aussi égarée qu’Ambroise. Et pourtant, entre le sentiment cuisant de désespoir et de perdition s’en trouvait un autre, profondément enfoui, tout aussi affolant, extrême et absolu qu’elle aurait toutes les peines du monde à admettre.


« Oh je crois que pour la sincérité vous n’aurez pas à vous inquiéter, c’est inné chez moi que son emploi soit préconisé ou pas selon les situations… »

Elle baissa un œil intrigué vers les sillons sanglants dont elle était l’instigatrice, posant délicatement ses lèvres sur une entaille profonde à l’épaule d’un air qui qui voulait assurément se faire pardonner. Inconsciemment, un message nerveux lui indiqua à quel point une étreinte prolongée et incontrôlée pouvait avoir ses effets sur un dos même bien constitué.
En une esquisse de grimace malicieuse –car sa bonne humeur et son assurance légendaire étaient revenues comme par enchantement assez vite- elle sembla retourner la judicieuse remarque sans vouloir montrer plus qu’elle n’avait pu le faire le trouble qui l’avait tant déstabilisée.
Lui inspirait t’elle le même effet qui celui qui paraissait lui faire perdre bien rapidement les moyens qu’elle avait mis en place en tant de temps, d’efforts et de sang ? Peut être le saurait –t’elle mais elle ne pouvait nier à quel point ces paroles enchanteresses berçaient son cœur instable. Avec douceur elle se dégagea de ces bras fragiles et tant aimés, recula lentement de deux pas avant de retrouver dans son champs de vision temporairement obscurci le lourd manteau avec lequel elle était arrivée…Elle s’était trouvée si affolée qu’elle avait failli l’abandonner précipitamment, lui et son bien précieux contenu.
En quelques secondes le vêtement recouvrait d’un voile épais, protecteur la grande silhouette de cette femme qui n’avait rien de fragile, cette femme qui d’un œil redevenu clairvoyant s’abaissa pour tenir entre ses grandes mains de musicienne une fille glissée subrepticement sous la porte, une feuille qui portait la patte du Gardien du musée et qui eut le don de faire naître en son sein un doux rire discret. :


J'ai à faire en dehors du musée, pardonnez-moi de ne pas vous avoir salués avant de partir, mais j'ai préféré vous laisser seuls. J'espère que monsieur Ambroise est toujours d'accord pour répondre à quelques unes de mes questions à l'occasion, à moins que mademoiselle Zahara ne préfère me retirer son dossier. Je vous souhaite le bonsoir.

PS: Je dois fermer le musée, mais je laisse la porte Est ouverte.


A quoi, elle dégaina sans hostilité aucune de son pardessus un stylo gravé qui lui servit à inscrire au recto dudit parchemin :

Peut être serait-ce à moi de vous demander de me pardonner un tel remue-ménage en votre fief…Vous êtes d’ailleurs un fieffé drôle monsieur Verian. Pourquoi diable, aurais-je dans l’idée de vous retirer ce dossier dont vous vous occupez si bien ? il serait d’ailleurs préférable à l’avenir que vous en fassiez une copie progressive que vous pourriez conserver chez vous ou au centre de nos locaux afin que vos précieuses données ne soient bêtement perdues au cours d’une incartade comme celle à laquelle nous avons assisté.
Avec mes sentiments les plus amicaux,

P.S : J’apprécie votre prévoyance monsieur, nous veillerons à ne pas vous créer plus d’ennuis que nécessaire ce qui vous fera sourire, je le sens.
Gaïa Zahara


Après quoi, elle tendit innocemment la feuille à Ambroise le laissant y répondre de même avant qu’ils ne la déposent au guichet d’entrée. Ils ne s’étaient que trop attardés en ces lieux et pour être honnête, elle sentait poindre une impatience folle, une soif inassouvie, un désir auto-entretenu de le connaître mieux, de goûter son histoire, son esprit…Son corps bien entendu. Bref elle ne supportait déjà plus l’entrave que constituait ce lieu public en lequel ils ne seraient probablement plus les bienvenus même si ils s’en moquaient.
Posant avec une certaine désinvolture sur ces lèvres un léger baiser, elle susurra au creux de son oreille en lui saisissant le bras :


« Et pourtant je sais que nous avons beaucoup à nous dire…Pourquoi ne pas nous y mettre dans un endroit plus…Approprié ? Je frémis d’impatience. N’ayez crainte, les scellés libéreront les portes bien assez vite puisque je vois aussi en vous le calice d’une eau miraculeuse dont les bienfaits me sont tout aussi inconnus. En quelques minutes vous en avez appris sur moi bien plus que n’en savent des personnes qui me côtoient depuis des années mais c’est avec plaisir que je vous ferai goûter cette part de mystère…
Oh comme il me tarde que nous nous retrouvions enfin seuls et …tranquilles. »


La pudeur n’étant toujours pas sa qualité première elle n’exprima aucune crainte quant au culot de ses paroles entreprenantes…On voulait de la franchise ? La voilà. Même si tout aspect surprenant de l’attitude se trouvait adouci par le regard qui l’appuyait…

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Sam 24 Déc - 3:02

Ambroise baignait dans une sorte de léthargie, ou plutôt d'extase, il se sentait si bien dans les bras de cette créature irréelle, dans cette étreinte douce et sensuelle. Il surprit un sourire répondant aux siens, comme si Gaïa lisait en lui. Mais alors la jeune femme répondit à sa question, réponse qui provoqua chez lui un sourire en même temps complice, et en même temps tendre. Si elle l'émouvait par chacune de ses paroles, de ses actes, enfin si elle le touchait en restant elle, en vivant, il finirait par paraître presque totalement vivant à son tour sous ce flot d'émotions.Puis elle déposa un baiser sur un des sillons vermeils qu'elle avait tracé sur l'épaule du vampire, le faisant frissoner. Et malgré son expression presque coupable, il ne pouvait rien reprocher à l'onirique hll, lui ayant déjà pardonné ces entailles depuis longtemps.

Puis tout s'enchaîna: d'abord Gaïa s'éloigna, réenfilant son manteau et cachant à la vue du vampire ce corps superbe, puis elle ramassa une feuille gisant sur le sol et y répondit avant de la lui tendre. Ambroise lut le mot qui le fit sourire, comme face à la prévention délicate d'un enfant, et y répondit à son tour:


Ce sera un plaisir que de vous revoir pour faire plus amplement connaissance, et dans un cadre plus approprié. En espérant que vos affaires se porteront bien au musée ou en dehors. Recevez mes salutations distinguées,
Ambroise de Lusignan


Il rendit la feuille à son ensorcelleuse, puis goûta avec ravissement à ce baiser suivi de si doux mots, tout le charmant en cet être qui avait un côté divin. Il était tellement ému, troublé par ces paroles qu'il crût bien avoir perdu l'usage de la parole pendant quelques instants. Il porta la main de Gaïa à ses lèvres, l'effleurant à peine d'un baiser, avant de se souvenir de comment faire fonctionner sa voix.

"Si seulement les mots pouvaient illustrer chacune de mes pensées, de mes émotions, pour vous les offrir entières, je serais véritablement heureux. Je n'ai donc plus qu'à espérer que vous pourrez les puiser pleines et entières en moi pour qu'elles prnnent tout leur sens et toute leur valeur. Mais en attendant, retrouvons ce paradis que vous me faîtes un peu plus envier à chaque instant pour ôter sans crainte ces pétales de mystère qui nous séparent l'un de l'autre!"

Il se sentait ondoyer, frémir lui aussi comme les arbres sous les caresses d'un vent porteur de sentiments extrêmes. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait été si ardent, si passioné! Pendant tant d'années, seul l'Art lui avait apporté des émois, et si Gaïa était capable d'en provoquer tout autant, elle méritait bien un amour aussi ardent que celui qu'il portait à ce qui lui avait sauvé la vie. A chaque instant son impatience grandissait, ainsi qu'un certaine excitation grandie par la crainte de l'inconnu, par le début d'une aventure qui promettait d'être... bouleversante! Il était comme ennivré, emporté par ce tourbillon auquel il ne pouvait résister, et quel que fût l'avenir il lui semblait plein de promesses et d'espoir, tout aussi merveilleux que la fascinante créature à ses côtés, fascinante quelles que soient les facettes exposées du joyau.

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Mer 28 Déc - 2:03

La jeune femme, laissant sa nature insatiable la rattraper, se pencha au dessus de l'épaule du vampire pour voir quelles notes feraient trembler ostensiblement ce cher Gardien de Musée, chose bien inutile mais assez enfantine pour faire partie de ces petites facettes de personalité qui ressortaient de temps à autres.
Dénouant ses longs bras passés de la plus grande des brutalité contenue à la plus attendrissante douceur du torse mince de ce grand jeune homme à l'air si troublé.
Silencieusement, elle parcourut la pièce du regard, enfila rapidement des gants stériles, sortit de son manteau deux sortes d'éprouvettes bouchées minitatures se terminant par un petit bec.

Penchée vers le sol qui présentait encore les traces de la bataille passée, elle y appuya le bec de la première éprouvette, sourcils froncés pour mieux laisser à sa concentration le soin de différencer les deux types de sang visibles.
En un fin bruit de suçon, tel un aspirateur, le contenant se remplit des quelques gouttes de sang qui n'allaient pas tarder à coaguler si elle ne se dépêchait pas.
La procédure se poursuivit avec la deuxième éprouvette qu'elle rangea soigneusement à l'intérieur de son manteau pourvu de plusieurs poches prévues à cet effet. Observer signifier aussi garder des traces de faits antérieurs, elle ne pouvait se permettre de l'oublier puisque Ezel avait déjà levé le camp.

Consciente du regard qui brûlait son dos, elle se redressa avec une souplesse quasi animale pour se tourner le visage rayonnant vers son compagnon. Il devait bien savoir ce qu'elle faisait mais elle ne s'en cachait pas puisqu'elle ne comptait rien faire de mal avec ce sang. Un cliquetis métallique signalait que les éprouvettes s'étaient enfermées dans une capsule en acier modifié qui les préserveraient de tout choc frontal comme la plupart des substances que Gaïa transportait dangereusement sur elle.
Revenue aux joies célestes de ces sentiments qu'ils semblaient si confusément partager, elle prit la feuille que lui tendait Ambroise sans le quitter de ce long regard langoureux où une nuance de provocation était revenue prendre ses droits.
L'instant d'ivresse n'était pas encore passé, celui du désespoir si et elle se demandait encore comment un être avait pu la plonger dans un tel émoi. un véritable gouffre de doute, de honte et pourtant d'extase, d'euphorie, une envie lancinante de se repaître éternellement de cette nouvelle sensation...
Un sourire énigmatique apporta une expression nouvelle, presque dangereuse à son visage libre et irradiant de gaieté :


"N'ayez crainte pour vos sentiments, je les puiserai, j'apaiserai ma soif de leur étendue, la leur et celles d'autres bonheurs que je compte bien goûter en vous...
Oui il est temps, ces bribes qui nous séparent comme vous dites ne ferons que mieux nous rapprocher. J'ai hâte..."


N'y tenant plus, elle glissa son bras au creux de son coude en l'entraînant à l'extérieur de cette salle dévastée.
Arrivés au point d'acceuil, un rapide coup d'oeil leur permit de prendre la bonne sortie. Gaïa n'était pas du genre à accorder trop d'importance à des conventions restrictives, aussi demanda t'elle d'un ton absolument innocent à son cher et si fragile vampire en lui déposant un subtil baiser au creux du cou :


"Chez moi ou chez vous ? Si vous ne pensez pas vous sentir trop menacé au coeur de l'Eden je ne verrai aucun inconvénient à ce que vous découvriez mon Oasis mon coeur"

Jeu de mot involontaire puisqu'en dehors de leur tête, le coeur était ce que les vampires conservaient de plus précieux

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MessageSujet: Re: Le gardien du musée   Mer 28 Déc - 22:29

Ambroise s'apprêtait à partir, ayant remis en place sa tenue, bien que le sang dont il était maculé détruisit tout espoir de passer pour n'importe quel passant. Non pas qu'être regardé le dérangeait, mais il détestait être pris pour un fou, et encore plus pour un monstre! Même si le regard des autres lui importait bien peu en cet instant, les yeux fixés sur Gaïa ne perdant pas la tête et receuillant ces goutelletes vermeilles, échappées de son corps maigre pour maculer le sol du musée. Il était intrigué, mais il faisait confiance à cette envoûtante créature et jugeait que toute question concernant ces gestes scientifiques serait déplacée.

Il admira le jeune femme, féline et sensuelle, envahi par une sorte de volupté à chacun des gestes tendres auxquels il pouvait goûter, avant que la danse folle ne l'entraîne de nouveau dans ses tourbillons, le vampire suivant Gaïa, ayant perdu tout contrôle de la situation qui en était d'autant plus...dangereusement ennivrante. Il frissona sous un baiser délicieux de sa non moins délicieuse compagne avant de se laisser surprendre par sa question, dîtes malgré tout avec un air presque angélique. Il répondit, un peu surpris mais toutefois ravi.


"Chez vous. Il est peut-être encore un peu tôt pour vous présenter aux Lusignans... Et ce sera avec un plaisir non dissimulé que je découvrirais les trésors que renferme votre Oasis."

Il lui adressa un sourire avant de passer un de ses bras autour de sa taille fine, enlaçant la belle, heureux d'avoir ce droit de pouvoir la considérer comme sa bien-aimée, de pouvoir lui offrir une part d'amour et de tendresse dans ce monde de haine et de destruction. Et le mot Oasis était certainement bien choisi, le vampire imaginant déjà les lieux de cette étrange souveraine comme décalé de tout le reste de la ville, aussi irréels que leur propriétaire. Gaïa méritait un plus bel écrin que les perles enfermées dans une prison commune et grossière, et il espérait qu'elle avait la chance, a défaut de posséder un palais, d'être coupée du monde par des appartements reflétant un univers de rêve. Mais il le découvrirait bien assez tôt, entraîné par la douce hll à qui il confiait le soin de le surprendre et le charmer sans cesse.

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Le gardien du musée

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